Les mots
Ils sont là, ils se bousculent, ils s'envolent, ils ricochent, ils explosent
Les mots
On les cherche, on les perd, on les retrouve
Les mots
Ils sont parfois petits, parfois gros
Les mots
Ils sont insignifiants, si importants
Les mots
Ils blessent, ils gratifient, ils expliquent
Les mots
Ils se regardent, ils s'apprennent, ils s'oublient
Les mots
Souvent regrettés, jamais effacés
Les mots
Ils arrivent par milliers
Ils arrivent à flot
Ils te bousculent
Ils me bousculent
Ils disent toi
Ils disent moi
Ils disent nous
Les mots
Frannybabou, Villette de Vienne le 19 janvier 2001
L'écrivain
Il faut bien que tu saches
Que jamais ne me cache
Que le vrai écrivain
N'écrit que d'une main
Et que le commercial
N'est pas chose cruciale
Que de mon livre écrit
Esper' le publier
Et qu'il soit enfin dit
Que Franny est aimée
Mais le plus gros problème
C'est que sans le vouloir
De ma plume bohême
Les rimes se font voir
Alors pour un roman
Qui ne se veut savant
Il m'est très difficile
De ne pas perdr' le fil
Quand cette poésie
Qui anime ma vie
S'empare du crayon
Pour lui donner le ton
Frannybabou, Villette de Vienne le 8 mai 2001
A vous lire David...
De mon inculture l'instant parfois me fait rêver
Mais de rêves jamais ne veux me dispenser...
Devrai-je de votre éclat m'effacer sans encombre
Et de la poésie ne regarder que l'ombre ?
Devrai-je fermer la porte de mes quelques vers
Car des anaphores en seront le désert ?
Les hémistiches que coupent la césure
Se relèveront-ils de mes égratignures ?
Mon présent passé du futur sera-t-il gommé
De l'intemporel présent de ce lointain passé ?
Est-ce la sorcière qui pleure le jour
L'étoile du matin et d'inopportuns discours ?
Je veux de l'imaginaire ne pas être syllabée
Et vous offrir encore un délire syncopé.
Je veux de quelques mots
Effeuiller de la plume le triste et le beau...
Je veux de l'Orient
Tout... Et son présent
Frannybabou, Villette de Vienne le 4 mars 2002
Au poète Azerty...
Plumes et Passions
Une muse née au printemps
D'un coup de baguette magique
Qu'avait su donner en son temps
Un poète alphanumérique
Murmure accorde-moi l'instant
Ne voulant d'un tout petit clic
Perdre la vie que j'aime tant
Pourquoi chuchote le poète
As-tu jeté ta belle plume ?
Pourquoi implore le poète
Me laisses-tu plein d'amertume ?
Je cours, je rie et virevolte
Mais n'ai dans mes divagations
Brûlé ma plume désinvolte
Sur le bûcher de mes passions
J'ai juste noyé mes révoltes
Dans une mare d'émotions
Et puis, tu sais je prends des notes
Un jour ce sera la moisson
Frannybabou, le 17 août 2002
Deux définitions Vains mots
De justice illusionnée
De venin emprisonnée
La seringue lentement s'approche
Et de la vie te décroche
Cauchemar
De vengeance évaporée
De pardon éclaboussée
La haine peu à peu s'effiloche
Et de la vie te rapproche
Rêve
Cauchemar
Oubli
Néant
Terreur
Répression
Evasion
Lâche
Attente
Prison
Emmuré
Infamie
Nausée
Exécution
Délivrance
Espoir
Mort
Otage
Rêve
Tuer
Vingt maux pour définir
Vains mots pour agonir
Frannybabou, Villette de Vienne le 3 janvier 2001
Les mots râlent
Leïla de ses mots râle
Sous son voile cachée
Une larme écrasée
Abrutie de morale
Tafia sous ses maux râle
Elle attend qu'on la gomme
Condamnée par les hommes
Si fiers de leur morale
Voilà de la morale
La triste vérité
Nulle moralité
N'effacera leurs râles
Frannybabou, Villette de Vienne le 19 mars 2002
Mots/maux
Mots
Maux
Sourire
Soupir
Histoire
Noire
Aspirations
Inhibition
Peurs
Pleurs
Ans
Sans
Monde
Sonde
Tombe
Moi
Toi
Peine
Mienne
Faim
Fin
Mien
Rien
Sort
Mort
Françoise, Villette de Vienne le 21 juillet 2001
Non je n'ai rien à déclarer
Tu veux que je déclare quoi ?
Que je reste soudain sans voix
Quand surgissent tes questions ?
Que je cherche à donner un sens
Au milieu de la violence
Aux étincelles de vie ?
Que liberté, égalité
Sont deux mots souvent effrités
Dans un monde en perdition ?
Que les étoiles du bonheur
Savent cueillir en chaque fleur
Le sourire qui ravit ?
Que le regard des femmes afghanes
Malgré leur pouvoir de liane
Annihilent ton crayon ?
Que tu resteras petit prince
Celui que jamais nul n'évince
Parce qu'aimé de Sylvie ?
Qu'il n'y a qu'une vérité
Celle qui vient de Cassiopée
Timide et frêle lampion ?
Que l'enfant un jour écrasé
Avait pourtant aux dieux chanté
Son gai regard ébloui ?
Qu'il existe là une perle
Espoir d'un jamais éternel
Fragile écho du flocon ?
Que le parfum des mots étranges
Inlassablement nous dérange
Car en nous parfois tapis ?
Non, je n'ai rien à déclarer
Car dans le destin emmurée
Envahie de liserons
Juste je pourrai murmurer
A quelques êtres ensorcelés
Un soupçon de poésie
Frannybabou, Villette de Vienne le 15 octobre 2001
Sourit conjugaison
Je sème
Les mots
Que j’aime
Tu bêches
Les mots
Revêches
Il plante
Les mots
Qu’il chante
Arrose
Les mots
De prose
Nous cueillons
Les mots
Ceux sans nom
Vous sarclez
Les mots
Egarés
Ils dépotent
Les mots
De nos potes
Devant cette moisson
De mots si polissons
Sourit conjugaison
De tant de déraison
Frannybabou, Villette de vienne le 23 juin 2003
Pour quelques propos
Baisser son chapeau
Devant deux trois mots
Lui crier bravo
Et voilà princesse
Pleine de liesse…